TEXTES

Ces textes sont composés à partir des notes dont je noircis mes carnets au long des jours. Chez moi, en chemin, à la table d'un bistrot, dans une chambre d'hôtel, assis sur un rocher... Elles ne cherchent pas à circonscrire une pensée dans le cadre de la raison. Elles sont une autre expression du chant intérieur. Un thème vient, un mot, une idée, une phrase. Alors je déroule le fil, en improvisant, en essayant de me tenir au plus près du jaillissement naturel de l'écriture. Sans savoir où je vais. Comme un musicien laisse aller ses doigts selon l'inspiration sur la manche de sa guitare, ou sur le clavier d'un piano. Sans vouloir démontrer ni expliciter. Tout au contraire, c'est à moi, en premier lieu, que l'écriture révèle ce que l'intuition a suscité. J'écris pour rester dans l'espace poétique, lorsque la situation ne se prête pas à la photographie. Si le lecteur veut bien considérer ces variations comme des petits poèmes en prose, alors j'aurais au moins l'humble satisfaction d'avoir écrit à cet effet.

Note. Sur la photographie et l’écriture. 20 septembre 2020

 

Lorsque j’écris, la photographie n’existe pas, elle n’existe plus. Comme si je ne devais plus jamais photographier. J’écris pour me souvenir de la photographie, pour la comprendre, pour l’inscrire en moi au plus profond. Pour être avec elle. Lorsque je photographie, l’écriture n’existe pas, elle n’existe plus. Je n’ai jamais écrit et n’écrirai jamais. La photographie, lorsque je ne photographie pas, me laisse à l’écriture. L’écriture, lorsque je n’écris pas, me laisse à la photographie.