Voyage

 

J’ai marché dans la nuit
les yeux fermés
regard tourné à l’intérieur.

J’ai marché dans la nuit
les yeux fermés
parce que la lumière
que je cherchais brillait dedans.

J’ai marché tant d’années
vers ce fanal au loin
étincelle qui palpitait
dans ma chair, dans mon souffle.

Tout là-bas, un songe, un désir
une vérité, une évidence
et chacun de mes pas
chacun de mes jours
allait vers ce repère
enfoui à l’intérieur.

Cent fois j’ai installé mon campement
cent fois j’ai allumé un feu
et j’ai rêvé, les yeux vers le ciel
criblé de galaxies
et j’ai cherché en moi
cette flamme si proche et lointaine
cent fois je suis parti
pour continuer la route.

C’est vers toi que j’allais
je le savais sans le savoir
je te savais sans te connaître.

Je marchais dans la nuit
les yeux fermés
regard dedans
cherchant tes yeux.

C’est vers toi que j’allais
cette lumière en moi
cette flamme au-dedans
c’était toi, c’était toi.

J’ignorais ton prénom
or il ne m’est pas « étranger »
je le portais en moi
depuis l’aube du monde
à la fois but et origine
départ et arrivée.

J’ai traversé la montagne
suivi de longues routes
une voix me guidait :
Tu trouveras une caverne
ce sera sa maison
et Elle sera là.
Elle te dira : je t’attendais.

J’ai traversé les mers
j’ai bu des vins acides
et des vins délicieux
mais d’ivresse en ivresse
comme de port en port
sans carte ni compas
j’ai continué ce voyage
dont la route se dessinait
au long de la route
jusqu’à toi.

Ô mon Amour
ton prénom enfin!
Quand je l’ai entendu
pour la première fois
j’ai su que c’était toi
l’origine, la lumière,
le port d’attache
j’ai su que j’étais arrivé
au bout de mon voyage.

J’ai trouvé mon havre
mon dernier feu
seule et unique étoile
que je cherchais
depuis la nuit de mon temps
et j’ai pu dire enfin
ces mots que je portais
viatique et offrande :
Tu es mon Amour.

Tu es mon Amour, mon Amour.
C’est toi la main, le fanal
la fin de mon voyage
l'ultime feu de bivouac
c’est toi.

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Date de dernière mise à jour : 01/11/2020