L'ATELIER PHOTOPOÉTIQUE

L'Atelier photopoétique s'adresse aux photographes désireux de développer une démarche d'auteur. Il propose un travail approfondi de la sélection (éditing) selon une méthode rigoureuse et éprouvée, ainsi qu'un accompagnement dans l'élaboration d'un projet photographique de A à Z : portfolio, livre, exposition...

Connais-toi toi-même... (1)

Par Le 27/03/2019

CONNAIS-TOI TOI-MÊME… (1)

Pour qui souhaite s’engager dans une démarche, la question du sens de la pratique se pose. Souvent, la passion livrée à elle-même génère une quantité d’images difficile à gérer, dont l’intéressé ne sait plus très bien ce qu’elles représentent ni pourquoi il les a faites. Si nous restons dans le cadre photopoétique (la photographie qui parle à la première personne, qui dit : « je »), que faire de cette masse visqueuse, encombrante, confuse, désespérante? Dans les bajoues gonflées des disques durs s’accumulent les photographies de rues qui côtoient les portraits à la sauvette, s’empilent sur des abstractions urbaines qui cachent des paysages de campagne, eux-mêmes entassés sur des détails de nature, des graffitis, des images animalières sans oublier celles de la vie quotidienne, la famille, et les 4567 vues du Mont Aigoual qu’on a grimpé entre amis un matin l’été dernier… En faire quelque chose, oui, mais quoi?

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L’écriture photopoétique ne se laisse pas réduire à une logorrhée d’images, un  entassement - sauf à considérer la profusion et le chaos comme un concept … Elle est bel et bien le reflet d’un chant intérieur, un mode d’expression de soi, de ce que l’on a de plus intime, de ses états d’âme, de son rapport au monde… La quête du chant intérieur appartient à chacun, elle est affaire éminemment personnelle certes, toutefois elle requiert une connaissance, un apprentissage, l’élaboration d’une méthode adapté à soi, la détermination d’un but… D’aucuns préfèreront mener l’expérience seul, quand d’autres chercheront un interlocuteur qui saura apporter une expérience et un soutien. C’est à ces derniers que peut s’ouvrir la porte de l’Atelier. La recherche, dans tous les cas, reste affaire de choix, en quoi réside toute sa grandeur et sa difficulté. Il n’y a ni leçon ni maître pour en dispenser quand on chemine vers soi. Or lorsqu’on fait ce voyage en images, il peut s’avérer utile, voire indispensable, de ne pas embarquer seul. Faire appel à un regard extérieur représente l’un des meilleurs moyens pour lancer la démarche, la débloquer, la pousser plus loin en profitant des fruits d’une expérience dans l’élaboration d’un cadre sur mesure, avec un interlocuteur qui s’efforcera d’aider sans suggérer, et de transmettre ce qu’à lui-même d’autres ont transmis… Ce n’est pas la moindre des beautés de l’art photographique que d’avoir conservé ce rapport au compagnonnage, à l’entraide et à la transmission. Le travail à l’Atelier relève donc de l’accompagnement plus que de la formation au sens strict, même si l’accompagnement offre en soi une dynamique pour se former…  En référer à des connotations scolaires serait peu utiles dans l’espace poétique, qui est celui de la liberté d’être soi. Être soi et libre, certes, mais comme toute liberté celle du  photographe s’exercera d’autant mieux qu’elle connaît ses propres domaines d’action, d’inspiration, de compétences…

à suivre…

FAQ : comment se déroule un Atelier?

Par Le 27/02/2019

Pour questionner la pratique personnelle, l’approfondir, l’enrichir, elle est appréhendée conjointement sous deux aspects, qui sont en réalité les deux versants de la même montagne. Nous pourrions, pour profiter de la métaphore alpestre, évoquer un adret, qui concernerait la lumière, l’oeil et l’image, et d’un ubac, domaine plus ombreux qui relèverait du sens, de la poétique personnelle, du rapport intime à soi, au monde et à la vie. Doi Takeo parlerait d’un omote et d’un ura, notions japonaises qui éclairent la relation intime entre l’évident et l’inévident, le flagrant et le caché, l’endroit et l’envers… Sans cesse, nous allons de la parole au regard et du regard à la parole, pour comprendre l’intervalle entre l’être et ce qu’il photographie. Cette connaissance, acquise par un courageux travail sur soi-même au prix de choix et de renoncements, va nourrir, renforcer, permettre de structurer et d’ajuster la démarche de sélection des images, que je préfère nommer « composition » (plutôt que « éditing »), par allusion à la musique. Une série juste réverbère l’intériorité de celui qui en a produit, choisi et ordonné les éléments. Le travail avance à deux, nous naviguons de conserve dans l’empathie, arpentant l’espace intime sans intrusion ni complaisance, d’un versant à l’autre, passant de la table où progresse la sélection des images répondant à la plus extrême exigeance, à la conversation qui permet d’analyser le rapport personnel à la photographie, au visible, à l’élan scopique, au poétique, à la vie, etc. Comme déjà énoncé ici, le photographe « écrit avec la lumière » mais l’auteur « écrit avec des images ». Cette écriture, c’est avec l’oeil qu’il la trace, cherchant pour chaque projet - lui-même inscrit dans l’ensemble plus vaste de l’oeuvre personnel - à la fois une architecture à toute épreuve, un début, une fin, et un élan entre les deux. C’est pourquoi le travail d’atelier, sur table, de regard et de parole, a dans le temps des effets sur la prise de vue elle-même. Parce que le photographe devient progressivement conscient de sa pratique et de son écriture, conscient des enjeux profonds et des conséquences de ses choix dont il sait toujours mieux qu’ils ne relèvent pas du hasard mais de la nature du lien au visible, cette interface qui n’a de cesse que de vouloir nous bercer de ses illusions, et qui pour le poète réverbère les éclats d’une vérité intérieure qui ne saurait être dite mais dont les reflets sont donnés à voir par la photopoésie…

à suivre…

FAQ : à qui s'adresse l'Atelier photopoétique?

Par Le 20/02/2019

A qui s’adresse l’Atelier?

S’il fallait répondre à la question : à qui s’adresse l’Atelier photopoétique? Nous dirions qu’il concerne davantage les auteurs considérant la photographie comme une pratique artistique, esthétique, intime, lointains héritiers d’une tradition inscrite d’emblée dans l’histoire du médium par Henry Fox Talbot, qui ouvrait la voie du premier livre de photographie (« The pencil of nature » - 1844) en présentant résolument cette expression comme nouvelle forme d’art. Le clivage entre la tendance artistique et celle plus objective et informative initiée par le Français Daguerre est née avec la photographie elle-même, avec ses premières représentations plus ou moins fidèles aux évidences qui déterminèrent d’emblée des domaines d’évolution distincts. A l’Atelier, la photographie dite « d’auteur » est considérée comme une forme poétique à part entière, disons un avatar de la Poésie. Il est donc naturel que s’y retrouvent les arpenteurs de l’espace intime, ceux qui cherchent autour d’eux, là où ils se trouvent, les réverbérations d’un monde intérieur qui échappe à la parole et peut-être à eux-mêmes.

à suivre...

Le règne de la quantité

Par Le 07/02/2019

Le règne de la quantité…

L’ère du numérique numérique a modifié le comportement des photographes à plusieurs égards, démocratisant l’acte photographique et ouvrant la voie à une activité intense, permanente et bien souvent débordante. En même temps que la pratique s’est trouvée relativement simplifiée (on peut oeuvrer en jpeg directement et se passer d’un élaboration en ultérieure), elle présente des difficultés nouvelles, au premier rang desquelles se trouve le danger de la quantité, quand l’auteur doit se soucier avant tout de celui de la qualité. Le temps où la photographie était une question de lenteur, d’attente, de gestation, d’oubli, s’il n’est révolu, a considérablement changé. Hors les adeptes restés fidèles à une pratique argentique allant d’un train de sénateur, la plupart des imagiers ont aujourd’hui opté pour le numérique, processus d’une extrême réactivité qui, tout en stimulant le talent, le met en péril et peut compromettre le résultat! Clic! Je regarde l’écran de contrôle, je double, je triple c’est le même prix, clic! clic! clic et reclic! je mitraille au risque de ne plus regarder vraiment… clic, on ne sait jamais, je convoque le hasard à la fête. « Faire » des photos n’est plus un problème, et bien souvent, on en fait… trop! Les sujets se multiplient, les fichiers s’accumulent et l’on finit par se retrouver devant une masse ingérable d’images, dans laquelle les intentions se diluent, se noient ou révèlent leur caractère originel incertain.

Que faire de ces archives qui bientôt ressemblent à un fatras? Qu’est-ce que je veux dire? Dans quelle direction vais-je? Pour ne pas se perdre dans sa propre production d’images, il est important de redonner du temps au temps, et d’inscrire la photographie dans une réflexion, une pensée qui porte tant sur la pratique que sur le sens de celle-ci. Pourquoi je photographie? Pourquoi je photographie comme-ci ou comme-ça? Ceci ou cela? Le photographe doit penser son approche, bien souvent pour la panser… Cela n’empêche pas de photographier. La photographie se pratique dans la vie, dedans, dehors, devant un paysage, un visage, une pomme, une rue, elle n’a pas besoin de concept ou d’idée… or il en va autrement de la démarche d’auteur. Celle-ci commence après l’acte photographique, devant une grande table sur laquelle sont alignées des tirages. Regarder, et peu à peu, voir! Distinguer les images clefs des autres, créer une structure, un rythme, raconter. Alors peu à peu le sens « apparaît ». Si l’on dit communément que photographier c’est « écrire avec la lumière », être auteur photographe c’est « écrire avec des images ». Regarder, trier, choisir, construire, affirmer, peaufiner, rythmer, parfaire… c’est tout cela que l’on nomme affreusement « éditing ». Nous préférons, en amoureux et défenseur de la langue française, extraire de la terminologie musicale un verbe qui rassemble toutes ces notions, et sans doute beaucoup mieux que « éditer »… nous dirions : « composer ». Parce qu’il s’agit bien de cela. Revenir aux sources de l’expression artistique, à la musique. Editer, c’est composer. Choisir ses notes, ses accords, sa cadence, ses inflexions, créer une mélodie, des accords donc des harmonies, opter parfois pour la surprise, la dissonance… en quoi la photographie n’est-elle pas musique? En quoi la musique n’est-elle pas poésie?

à suivre

Vous avez dit "photopoétique"?

Par Le 21/01/2019

Vous avez dit « photopoétique » ?

« Dans son carnet de voyage Matsuo Bashô (1644-1694) écrit qu’un jour, lors d’une de ses pérégrinations, il franchit un col de montagne au-delà duquel s’ouvrait une vallée noyée dans la brume. Saisi par le sentiment que cette vue lui procurait, il s’installa sur un rocher, sortit son rouleau de papier, son pinceau et son encre, et après avoir laissé aller son regard sur le paysage, écrivit un poème. J’ai imaginé que s’il avait eu un appareil photographique, il aurait créé une image, exactement comme il créa un poème.  C’est en lisant ce passage du poète japonais que j’ai pris conscience que la photographie avait provoqué en moi une mutation de l’écriture poétique. Elle en était devenue une forme à part entière. »

Nympheas variation V

L'Atelier photopoétique, création en janvier 2019

Par Le 12/01/2019

L'Atelier accueille à Capbreton dans les Landes de façon permanente, sur rendez-vous. Il propose également des workshops et masterclass selon la demande : centre d'art, galerie, association...

L’Atelier a pour but d’accompagner le photographe dans l’élaboration d’une écriture d’auteur. Il s’appuie sur la maîtrise de l’éditing basée sur une méthode rigoureuse et éprouvée, ainsi que sur l’analyse approfondie des images et de leur sens.

L’Atelier s’adresse au photographe débutant ou confirmé, désirant initier, préciser, comprendre ou renforcer une démarche, un projet : porter une série à son point d’embellie pour une exposition, un portfolio, un livre, un rendez-vous avec un galeriste; élaborer son écriture d’auteur … Développer un projet de A à Z, en abordant la question du titre, de la note d’intention,  de la présentation, format, encadrement, etc.

Qu’est-ce qu’une photographie d’auteur? Laissons répondre Klavdij Sluban, maître du noir et blanc tout autant que de la pédagogie appliquée à la photographie : « C’est une photographie à la première personne. Elle dit : « je ». Elle est par conséquent une forme d’écriture poétique.

Ni dogme, ni école, ni règles absolues… Ici la liberté d’être soi-même prime, dans un cadre défini. L’artiste est le maître de sa propre expérience. Il n’existe pas une pratique photographique mais des pratiques. L’art d’écrire avec la lumière se réinvente avec celle ou celui qui souhaite en faire un moyen d’expression privilégié. Chaque auteur possède une sensibilité singulière, une culture, une manière de procéder, une volonté propre qu’exprime la photographie en tant qu’écriture de soi.

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