écriture

POURQUOI COLLECTIONNER DE LA PHOTOGRAPHIE EN NOIR ET BLANC ?

Le 17/09/2025

Les cyprès sur la crête, en Andalousie

Un site internet, une page instagram, des albums en ligne, des articles pour partager des expériences... à quoi bon, si ce n'est pour faire connaître une oeuvre photographique? J'ai choisi la voie des arts comme mode de vie, comme principe pourrais-je dire, par conséquent au bout de la chaîne de création, je m'adresse au collectionneur de photographie contemporaine.

Collectionneur débutant, collectionneur aguerri et curieux, l'artiste à besoin d'eux, comme ils ont besoin de l'artiste. Parce qu'une oeuvre d'art a une importance vitale pour l'un comme pour l'autre. Cela passe par la vente, l'aspect économique (l'artiste paie sa baguette de pain avec le produit de son art!), mais ne se limite pas à la valeur marchande. Une photographie, c'est une image qui, dès lors qu'elle rejoint une collection, entre dans une nouvelle vie. Elle ne sera pas pour le collectionneur ce qu'elle était pour le photographe. Elle investira une autre histoire, une autre intimité, un autre récit. Plus une poésie porte une énergie profonde, poétique, plus elle ira loin dans le coeur de ceux qui la regardent. Je vois dans ce rapport de l'artiste et du collectionneur amateur d'art un partage de l'intime, un partage de la solitude. La solitude propre à chacun, le secret de ce for intérieur qui n'appartient qu'à l'être lui-même et à personne d'autre.

Photographie d'art contemporaine, certes, qui plus est, en noir et blanc! La photo monochrome n'a pas les faveurs de l'ensemble du public. Qu'à cela ne tienne. Elle est pure, radicale, parfois minimaliste. Elle va à l'essentiel. D'aucuns prétendent qu'elle est triste! C'est moi qui suis triste lorsque j'entends cela. Triste pour celui ou celle qui n'est pas sensible à la beauté des images en noir et blanc. Tristes, les images de Josef Sudek, d'André Kertész, de Paul Strand, d'Alfred Stieglitz, en bref, de tous ceux qui ont fait l'histoire du médium, qui lui ont offert ses lettres de noblesse? Moroses, les images de Klavdij Sluban, de Junjing Lee, de Masao Yamamoto? Bah!

Une photographie en noir et blanc va à l'essentiel. Non que celles en couleurs se perdent dans les fioritures, elles peuvent être pures aussi, mais ajoutent l'effet de la couleur, des arguments en plus. Comme un beau visage maquillé et un beau visage sans fard. Comme on joue de la guitare ou du piano, pour exprimer sa musique intérieure. 

Pour aller au plus près de ma sensibilité, je ne photographie plus qu'en noir et blanc depuis 2012. En 2024, j'ai fait une petit infidélité, avec un travail de nature morte en couleur, au Leica M11, mais en dépit de la beauté des images, je suis revenu au M10 monochrome. Parce que mon rapport à la pratique et le résultat obtenu sont beaucoup plus près de ce que je suis.

J'ai longtemps hésité entre le noir et blanc et la couleur. La sortie du premier Leica M monochrome a été décisive pour moi. J'ai revendu tout mon matériel (Nikon, deux zooms qui couvraient du 35 au 500) pour acheter un boîtier et un 50mm qui ne m'ont plus quitté. Ah, j'exagère. Deux ou trois ans plus tard, j'ai ajouté à mon petit arsenal le tout petit Summicron 40mm, qui allait devenir le compagnon exclusif de mes voyages. Le 50 Summilux, (la plus belle optique qui m'ait été donné d'utiliser!) étant dès lors réservé au travail du portrait et de la nature morte, soit une approche posée. Le 40 est si proche de ma vision que je "vois" ma composition avant même d'avoir mis l'œil dans la visée. En outre, il est si discret, si léger, qu'avec le boîtier M il m'est devenu aussi naturel que mes mains ou mes pieds, je l'ai incorporé, comme un troisième œil.

L'engagement que je mets dans mon travail photographique est une main tendue vers l'autre, celui qui sera touché par mon image, parce qu'elle a une force d'expression, une puissance dans sa composition, ses contrastes, ses nuances. Plus peut-être que dans son sujet... mais c'est un autre sujet. Je vous parlerai plus tard de la beauté propre au noir et blanc. La beauté, oui. Je suis de ces artistes qui n'ont pas perdu d'esprit que la beauté, la Beauté, est à la source et à l'horizon de l'Art. Et que sa célébration, tellement signifiante, épuisera les artistes avant qu'elle ne s'épuise.

À suivre, donc.

Et pour les amateurs d'art, primo-collectionneurs ou collectionneurs chevronnés,

rendez-vous à la galerie AB original art online

pour découvrir une sélection spéciale de mes photographies

(ainsi que de mes collages et dessins)

 

Olivier Deck

Poétique du prosaïque et vice versa

Le 13/08/2024

DON QUIJOTE DE LA MANCHA

 

Avant de prendre le départ, je voudrais apporter quelques imprécisions supplémentaires à propos de l'emploi, qui pourrait sembler intempestif, que je fais des mots "poésie", "poème", "poète"... Se dire poète n'a rien d'outrecuidant, sauf à considérer la poésie comme un domaine réservé à une caste dont on serait en droit de se demander qui décide qu'untel en est et tel autre non. J'entends d'ici grincer les dents des grincheux. Qu'elles grincent, elles finiront par s'éroder. Se dire poète relève d'une affirmation, celle d'une exigence personnelle, celle d'un engagement qui se donne pour moyen la pratique de l'Art. Aussi, pour que ce soit clair entre nous et que celles et ceux à qui cela ne conviendrait pas ne perdent pas davantage leur temps à éplucher le présent carnet, je précise que la Poésie est ici considérée dans son acception la plus ample, la plus généreuse, la plus ouverte, la plus libre. La Poésie, le lecteur et la lectrice l'entendront donc plus largement qu'en sa seule expression écrite, qui s'est accaparé l'appellation, l'a embourgeoisée. La Poésie s'offre à tout un chacun, libre à tout un chacun d'en disposer à sa guise et selon son génie. Le temps disposera de l'oeuvre. On ne peut attendre sa sanction pour se mettre à l'oeuvre.

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Vivre poétiquement sa vie relève d'un choix personnel, qui va à l'encontre de la tendance dominante actuelle, irriguée par les principes marchands (qualité, réussite, efficacité, nouveauté - et son corollaire l'obsolescence - , mode, prix...) Dans la vie poétique, l'acte gratuit prime. L'efficacité importe peu. La victoire pas davantage. L'inutile et l'utile s'épousent. La fragilité est précieuse. L'erreur admise et nécessaire. Don Quichotte de la Manche n'emporte pas un seul de ses combats, il n'en a pas moins acquis ses lettres de noblesse et reste en selle depuis bientôt un demi-millénaire !

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Je m'efforcerai de mettre en application la leçon de Don Quichotte, pour qui le poétique ne se distingue pas du prosaïque. Les moulins sont des géants. Le laboureur est un écuyer. La paysanne est une princesse.  L'aubergiste est un chevalier... Il indique que le poétique ne va pas de la chose à l'âme, mais de l'âme à la chose (j'aurai peut-être l'occasion plus tard d'élucubrer à propos de l'âme). Qui n'a pas l'âme disponible au souffle poétique ne saurait reconnaître la poésie en quelque sujet que ce soit - un visage, un paysage, un objet... Le poétique est un souffle, une tendance naturelle, innée, qui s'affine et se renforce dans le temps. Comme la capacité de courir de 100 mètres, de devenir un scientifique, un littéraire, un peintre, un musicien, un médecin... Le poétique émane d'une sensibilité qui dans le temps s'affine. Tout au long d'une vie poétique, c'est à dire vécue selon les principes de la Poésie. L'émotion, la beauté, la profondeur restent parmi les plus précieux de ces principes. L'art est une question de sentiment, de résonance avec le Tout. Une question d'Amour, considéré comme une modalité de la force universelle qui meut se monde, et prend un tour particulier en chaque coeur humain. C'est ainsi que je l'entends et le pratique.

à suivre...

©Olivier Deck

APPEL : Mmes et MM. galeriste, éditeur, directeur de centre culturel ou artistique, amateur d'art, organisateur, programmateur, collectionneur, chroniqueur, journaliste... si vous êtes intéressés pour soutenir ce projet, aider à sa production, sa publication, son exposition, sa présentation en public (exposition, publication, récital, lecture, chanson, projection, conférence...) n'hésitez pas à prendre contact par messagerie.

à Bernard Manciet

Le 06/05/2023

à BERNARD MANCIET

pour les cent ans de sa naissance (1923-2023)

Pendant les dernières années de sa vie, je rendais visite à Bernard Manciet, le mardi après-midi. Nous avions fait connaissance grâce à la poésie.

Rafael Riqueni, une guitare de cristal.

Le 11/06/2022

 

DISPONIBLE EN LIBRAIRIE !

et pour recevoir un exemplaire signé : contact

Rafael Riqueni, une guitare de cristal. Olivier Deck

Rafael Riqueni. Une guitare de cristal. Éditions Contrejour.

Le 05/06/2022

 

Le livre rassemble deux albums de photographie en noir et blanc et un texte de l'auteur, retraçant la vie étonnante de Rafael Riqueni.

28 photographies en noir et blanc, imprimées en bichromie sous vernis sélectif accompagnent les mots.

Un album de 37 images sur Séville, célébration photopoétique de la ville-muse du musicien, compose la deuxième partie de l'ouvrage.

Pour commander le livre, signé, il suffit de prendre contact. 

Prix public : 30 euros.  Frais d'envoi: 9 euros. Participation aux frais : 5 euros. Soit : 35 euros l'exemplaire port inclus.

"Un peu plus que la vie" un livre chez CONTREJOUR

Le 01/12/2016

2017

le cycle photopoétique "Un peu plus que la vie"

aux éditions CONTREJOUR,

dirigées par Claude et Isabelle Nori, . 

Torse profil

EXPOSITION "UN PEU PLUS QUE LA VIE". DAX 03/17

Le 03/11/2016

 

"UN PEU PLUS QUE LA VIE" 

méditation poétique sur l'enfance et le paysage

30 mars 2016

Le 30/03/2016

 

Portrait

Camus

Le 06/03/2015

Relire Camus, comme on s’en va au loin dans la montagne visiter un vieux maître. Relire Camus, c’est chaque fois renaître. Relire pour me relier. Pour reprendre souffle au souffle primordial. Les Noces. Puis l’Envers et l’endroit. Deux ou trois nouvelles de l’Exil et le royaume. Viennent les vacances d’hiver, nous partons en famille à la montagne et j’emporte un passager clandestin : l’Etranger. Chaque soir, quand tout le monde est endormi, rompu par une journée de neige et de tempête, harassé par le grand dehors, je regagne l’ermitage intérieur où j’ai laissé le texte. Rencogné au fond d’un fauteuil mou, emmitouflé dans une couverture, tandis que la neige bat la nuit et fouette les carreaux, je sirote quelques pages, comme un vieux single malt. C’est du feu et de la terre. Humer l’écriture, rouler les phrases dans la bouche, à voix basse, pour la mélodie, la musique. Reprendre, comme on reprend une ligne de portée, pour le plaisir d’entendre encore, d’interpréter différemment, d’être plus juste sur ce fil tendu du texte à moi et de moi au texte. Sentir la parole de Camus battre ma peau comme des mains puissantes et douces sur un cajón flamenco. C’est la cadence du vieux maître. Son chant. Je referme le livre et je clos les paupières pour embrasser pleinement cette tristesse ensoleillée qui m’étreint, depuis la première fois et à chaque fois que je lis Albert Camus.

Epure

Le 29/12/2014

Epure